/// CE N'EST PAS UN ACCIDENT. C'EST UNE ACCUMULATION.
Les blessures en transport routier ne viennent pas de la conduite. Elles viennent du travail autour du camion — la même montée, le même lancer, le même geste, répété des milliers de fois jusqu'à ce que quelque chose lâche. Rien de tout ça n'est spectaculaire. Tout est évitable. Et chaque minute perdue s'additionne à l'échelle d'une flotte.
MONTER SUR UNE PLATEFORME EN S'APPUYANT SUR UN PNEU OU UN GARDE-BOUE, CE N'EST PAS UN ACCÈS. C'EST UNE CHUTE QUI ATTEND SON MOMENT.
Poteaux électriques, transformateurs, équipements en hauteur — les chauffeurs montent sur la plateforme, à quatre pieds du sol, en s'appuyant sur ce que le camion leur offre : un pneu, un crochet d'arrimage, le bord du châssis. Chaque montée est un risque de chute, et à la longue, ce sont les genoux, le dos et les épaules qui paient. Sans une vraie façon de monter et descendre, c'est aussi plus lent — chaque chargement commence et finit par une improvisation.
LANCER LES SANGLES À LA MAIN PAR-DESSUS UN CHARGEMENT DÉTRUIT LES ÉPAULES — ET FAIT PERDRE UN TEMPS PRÉCIEUX À CHAQUE ARRÊT.
Lancer des sangles par-dessus un chargement élevé est le geste le plus punitif du métier. Chargement après chargement, c'est la principale cause de blessures aux épaules et à la coiffe des rotateurs dans le transport à plateau. C'est aussi lent et imprécis — chaque lancer raté, c'est une reprise de plus, une minute de plus, un arrêt qui s'étire.
LES PETITES TÂCHES N'ONT PAS L'AIR DE CAUSER DES BLESSURES. MAIS ELLES S'ADDITIONNENT COMME UNE SEULE.
Enrouler les sangles à la main, balayer une remorque, traîner crochets et équipement sur la plateforme — rien de tout ça ne semble dangereux. Mais c'est l'accumulation de ces petits gestes répétitifs et maladroits qui use le corps et allonge discrètement chaque arrêt. Le bon outil transforme chacun de ces gestes en quelques secondes plutôt qu'en effort.





