Le vol de marchandises change de visage en Amérique du Nord, et les derniers chiffres méritent un deuxième coup d'œil.

Verisk CargoNet a recensé 677 vols de marchandises aux États-Unis et au Canada au deuxième trimestre de 2026. Il s'agit d'une baisse de 26 % par rapport à la même période l'an dernier, et de 14 % par rapport au premier trimestre.

Les pertes estimées, elles, ont pris la direction opposée. Elles ont grimpé à 304,6 millions de dollars américains, plus du double des 135,7 millions enregistrés au deuxième trimestre de 2025. La perte moyenne déclarée atteint 564 009 $, un montant tiré vers le haut par quelques vols de plusieurs millions.

L'explication tient à la cible. Les groupes criminels organisés s'attaquent de plus en plus à des cargaisons de grande valeur, notamment les métaux et les équipements technologiques destinés aux entreprises. Les vols de métaux à eux seuls sont passés de 54 à 80 incidents en un an, le cuivre demeurant le métal le plus convoité. Keith Lewis, vice-président des opérations chez Verisk CargoNet, prévient que la baisse du nombre d'incidents ne doit pas se lire comme une baisse du risque.

Le portrait canadien

La tendance au nord de la frontière va dans le même sens. Équité Association estime que le nombre de remorques volées au Canada est passé d'environ 570 en 2024 à près de 970 en 2025, soit presque le double en une seule année.

L'Ontario a enregistré environ 1 601 vols en 2025, tous types confondus, en incluant les tracteurs, les remorques et les cargaisons. La région de Peel et le Grand Toronto comptent pour une part importante de ce total. Le Québec en a enregistré environ 180.

Les taux de récupération se dégradent aussi. Le taux national de récupération des cargaisons est passé de 13 % en 2024 à 9 % en 2025, et celui des remorques a chuté de 64 % à 44 %. Équité croit par ailleurs qu'une portion importante des vols de cargaison n'est jamais déclarée, ce qui laisse croire que l'ampleur réelle du phénomène dépasse les données publiées.

Les méthodes ont évolué

Voler une remorque dans une aire de repos n'est plus la tactique principale. Les organisations criminelles infiltrent maintenant les chaînes logistiques en se faisant passer pour des transporteurs ou des courtiers, en usurpant des identités et en compromettant des comptes de courriel pour rediriger des chargements avant que quiconque s'en aperçoive.

Alors que les vols physiques d'équipements chargés ont fortement diminué au deuxième trimestre, les stratagèmes basés sur la compromission, comme la fraude par courriel d'affaires et le détournement d'expédition, sont demeurés stables. Ce sont des attaques logistiques autant que physiques, et elles se déploient à une échelle que les vols de cour n'ont jamais atteinte.

Ce que ça signifie pour les flottes

Pour les gestionnaires de flotte, la question utile se déplace. Compter les incidents en dit moins qu'avant.

Ce qui compte maintenant, c'est la valeur exposée sur chaque chargement, et la part de votre processus de réservation et de répartition qui repose sur la vérification de l'identité réelle de la partie qui vient chercher la marchandise.

Sources

02 septembre, 2026 — Marc Dion